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Meryem Atik, droit au cœur

En terminale, sur Parcoursup, Meryem Atik n’avait formulé qu’un seul vœu : une licence de droit à l’Université Catholique de Lille. Téméraire, Meryem ? Pas vraiment. Convaincue, surtout. Et déterminée.

Aujourd’hui en master 1 Droit pénal, la lauréate de la promo 2024 ne regrette pas son choix. Le droit, c’est ce qui lui parle. Et elle sait précisément ce qu’elle veut devenir : commissaire de police.

Une passion pour l’action et l’engagement

« J’ai hésité un moment entre magistrate et commissaire de police. Maintenant, je sais : je veux être commissaire. Je m’aperçois que, dans certains milieux, il y a beaucoup de préjugés autour de ce métier. On me dit que ce nest pas pour les femmes, ou que les études ne servent à rien pour entrer dans la police. Pourtant, le concours de commissaire est encore plus sélectif que celui de la magistrature. »

Et elle, comment voit-elle ce métier ? Pourquoi l’attire-t-il ? « Pour moi, c’est un métier d’action, au service des citoyens, et au contact de nombreux interlocuteurs. J’aime aussi ce qu’il représente : il s’agit de protéger, de prévenir, d’intervenir avant le délit. »

C’est un métier exigeant. Mais cela ne lui fait pas peur. Meryem aime l’engagement – et la politique l’attire aussi.« Peut-être qu’après quelques années dans la police, je m’investirai en politique… Jai envie de faire bouger les choses. » On voit déjà un peu lesquelles. La récente loi de finances, qui instaure un droit de 50 euros pour saisir la justice en première instance, la préoccupe. « Cela risque de restreindre laccès à la justice pour les plus vulnérables… »

 Les idées claires, mais un besoin de soutien

Comment a-t-elle croisé Emergence ? Pourquoi en a-t-elle eu besoin ?

« Mes études se passaient bien, mais ma situation personnelle faisait que j’avais besoin d’une bourse. Et de soutien. »

Elle tente d’intégrer le programme Emergence en deuxième année de licence, mais sa candidature n’est pas retenue. Elle retente sa chance à l’entrée en troisième année. Cette fois, elle est sélectionnée. « Je ne savais pas quon pouvait se présenter deux fois », raconte-t-elle. « Je lai appris en accompagnant mon frère à une réunion dinformation. » Une chance.

Devenir lauréate l’a vraiment aidée. Elle avait besoin d’ouverture, d’échanges et d’un regard extérieur bienveillant. « J’ai une super relation avec ma marraine, Sovanna Cornard, responsable des ressources humaines chez Subrenat. Nous nous parlons toutes les semaines. Notre relation est simple et fluide. Je lui parle de ma situation, de mes projets. Je crois que nous sommes devenues amies. »

Bénévole pour le bus de l’accès au droit

Depuis l’année dernière, Meryem fait partie des étudiants bénévoles du bus de l’accès au droit, mis en place par l’Université Catholique de Lille et l’Ordre des Avocats du barreau de Lille.

Ce bus se déplace dans la métropole et propose des permanences juridiques gratuites assurées par des avocats ou des étudiants en master, comme Meryem. L’objectif : apporter une aide juridique concrète et accessible à tous, en particulier aux personnes les plus isolées ou vulnérables.

« C’est intimidant au début, mais c’est passionnant ! Cela rend très concret tout ce que nous voyons en cours. Cette expérience nous apprend à écouter, à expliquer simplement, à vulgariser le droit. »

Pour ce projet, Meryem et les autres étudiants bénévoles ont candidaté aux Trophées de l’Engagement étudiant 2026 de la Fondation de la Catho de Lille. Et devinez quoi ? Le 4 mars 2026, ils ont obtenu le 2ème prix. Une reconnaissance qui conforte Meryem dans ce qui l’anime déjà : rendre le droit accessible à tous.